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19 mai 2007

L'équilibre gouvernemental selon Sarkozy

Un gouvernement de la continuité
 
medium_gvt_fillon_1.2.jpgLa rupture est effectivement bien tranquille... En effet, seuls 5 ministres sur les 16 que compte le gouvernement n'ont pas occupé de fonction ministérielle dans les gouvernements de l'ère Chirac (Il y en a même un du gouvernement de Jospin) : Rachida Dati, Valérie Pécresse et Christine Albanel, qui sous leurs airs de jeunes premières ont été très proches des hautes sphères chiraquiennes, la première auprès du ministère de l'intérieur, les deux suivantes auprès de la présidence de la république, Christine Boutin (ouah quelle rupture !!!) et Hervé Morin. C'est donc un gouvernement de la continuité non assumée en attendant de se décomplexer.
Il a cependant deux mérites : le nombre (et la parité) des ministres nommés et le redécoupage ministériel, ce qui donne un peu plus de clarté aux attributions de chacun et qui semble sur le papier garant d'une meilleure efficacité fonctionnelle (exception faite du fameux ministère de l'immigration et de l'identité nationale que je ne peux cautionner), et la création d'un grand ministère d'Etat de l'écologie, de l'aménagement et du développement durables qui, à condition de ne pas être une coquille vide, devrait porter cette question essentielle du développement durable sur le devant de la scène politique.
 
Un gouvernement-vitrine
  
Avec ce premier gouvernement, Nicolas Sarkozy parvient à :
- nommer un premier ministre qui ne lui fera pas d'ombre : l'autre François.
- neutraliser ses concurrents de l'UMP pour 2012 : Alain Juppé, Michèle Alliot-Marie, Jean-Louis Borloo.
- donner le sentiment de l'ouverture : Hervé Morin, le félon de l'UDF, et Bernard Kouchner, l'opportuniste que l'on présente encore comme un homme de gauche.
- recycler (développement durable oblige !) des emblèmes de la Chiraquie : Juppé et MAM, Christine Albanel, l'ex plume de Chirac, Christine Boutin, la passionaria des valeurs catholiques traditionnelles, Roselyne Bachelot, l'ex jupette en rose fuschia.
- placer à deux postes sensibles (éducation nationale et affaires sociales) des ministres qui ont déja eu l'occasion de montrer les crocs : les deux Xavier, Darcos et Bertrand. 
- récompenser une partie des fidèles : Brice Hortefeux, Rachida Dati, Valérie Pécresse.
- réserver des strapontins pour les autres : secrétariats d'Etat, présidence de l'Assemblée nationale (moi qui croyais que le président de l'assemblée nationale était élu par les députés !!!), présidence du groupe UMP à l'assemblée nationale (il me semblait que c'était les députés UMP qui choisissaient leur président de groupe !!!), présidence de conseil général (ah j'ignorais qu'un président de conseil général était nommé par le président de la république !!!), co-présidence de l'UMP (ce ne sont  pas les militants qui désignent leur président !!!)... Va vraiment falloir que je révise le fonctionnement des institutions françaises...

 
Finalement, il n'est pas mal ficelé ce gouvernement... tout dépend ce qu'on en attend.

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