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20 juin 2007

La vague est bleue mais l'écume est rose

              
 
Sièges
  Communiste
15
  Divers gauche
15
  Socialiste
186
  Radical de gauche
7
  Les Verts
4
  Régionaliste
1
  Ecologiste
0
  Divers
1
  UDF- Mouvement Démocrate
3
  Majorité présidentielle
22
  Union pour un Mouvement Populaire
313
  Divers droite
9
  Mouvement pour la France
1
  Front national  
0
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
1 ) Un sursaut citoyen

On annonçait un raz-de-marée sarkozyste. Les citoyens ont choisi de donner au président une majorité franche mais néanmoins pas sans contre-pouvoir. Dans ce deuxième tour des législatives, la gauche fait en effet jeu égal avec la droite.

2) L'échec des instituts de sondage

Tous les instituts de sondage et les médias traditionnels déclaraient que les jeux étaient faits, que l'avance de l'UMP serait historique, certains instituts ayant même évoqué plus de 500 députés de la majorité. En réalité, Sarkozy fait moins bien que Chirac en 2002. UMP et apparentés perdent plus de cinquante sièges. Les instituts de sondage ont été relativement fiables en ce qui concerne l'élection présidentielle (même en 2002 contrairement à ce qu'on en a dit) mais ils ont échoué lors de ces élections législatives, d'abord parcequ'ils n'ont pas analysé l'importance de l'ancrage local des candidats dans un scrutin législatif, ensuite parce qu'ils n'ont pas mesuré que le Modem était un fait nouveau d'importance et que son électorat ferait la différence.

3) Le paradoxe Modem

Avec 3 ou 4 députés, le Modem est loin d'avoir atteint ses objectifs, et l'assemblée devra se passer de personnalités de qualité comme Anne-Marie Comparini. Pour autant, il est impossible de négliger que le Modem n'est pas mort, qu'il devrait rebondir et qu'il constitue un fait politique nouveau que les médias ont pourtant cherché à masquer. S'ils n'ont pas renouvelé le score de Bayrou à la présidentielle, les candidats du Modem se sont quasiment toujours placés en troisième position au premier tour. Que le Modem ne soit que la sixième ou septième force politique de la nouvelle Assemblée (ce qui est une ineptie) ne doit pas faire perdre de vue qu'elle est incontestablement la troisième force du pays réel. Et c'est en effet l'électorat du Modem qui a fait en grande partie la différence lors de ces législatives. Après s'être reportés équitablement sur Sarkozy et sur Royal au deuxième tour de la présidentielle, ils ont massivement choisi la gauche au nom de la pluralité lors de ces législatives.

4) Un petit bond du PS, pas un triomphe

Si le PS gagne pas loin de cinquante députés, il ne peut résolument pas l'analyser comme une adhésion des Français à son projet (quel est-il d'ailleurs ?). Il fallait vraiment le vouloir pour voter pour le PS tant leurs chamailleries sont ridicules. Le PS ne pourra pas faire l'économie d'une rénovation en profondeur. Cette rénovation doit passer par une mise en retraite des éléphants et faire place aux quadras du PS, les Valls, Montebourg, Hamon, Gorce, Le Roux, Peillon, Boutih et aux jeunes pousses. C'est le prix pour engager un autre renouvellement : celui des idées. Ségolène Royal, forte de ses 17 millions de voix, peut être la garante de ce renouvellement. Si les éléphants arrêtent de la piétiner...

5) Juppé victime d'une ineptie

Il est le symbole du semi-échec de l'UMP aux législatives. Et il est vrai que sa carrière politique semble ne pas pouvoir s'en remettre. 11 ministres étaient candidats aux législatives et pas une voix ne s'est élevée pour dire haut et fort que c'était une ineptie, qui met un terme à la séparation des pouvoirs et contribue à renforcer la présidentialisation (avec Sarko, c'est même une bonapartisation) de notre régime. Qui peut résolument considérer que le fait qu'une majorité d'électeurs de ces circonscriptions ait élu un député qui ne siégera probablement jamais à l'Assemblée est une avancée pour la démocratie ? Une question qui en appele une autre : comment les députés de l'UMP pourront-ils se défendre d'être des godillots ?

6) La lâcheté récompensée

Avec 22 membres, les félons de l'UDF, autoproclamés Nouveau centre, constitueront un deuxième groupe de godillots à l'assemblée nationale. Une intolérable prime à la lâcheté.

7) Des réacs à l'assemblée...

Les électeurs ont décidé de reconduire le pire des députés de droite : l'homophobe Christian Vanneste, le viel ultraconservateur Didier Julia, le pro-peine de mort Richard Dell'Agnola, l'utraréac Lionel Luca ou encore Georges Fenech...

8)...mais aussi des ripoux

Les électeurs ont également choisi de réélire des candidats mis en cause par la justice, n'étant pas blanchis ou n'ayant pas purger leur peine : Pierre Bédier dans les Yvelines, condamné en première instance pour corruption passive et recel d'abus de biens sociaux à 18 mois de prison et 3 ans d'inéligibilté, Jean-François Mancel dans l'Oise, condamné à 18 mois de prison avec sursis et 30000 euros d'amende et qui a fait appel devant la cour européenne, Jean Tibéri, que le tribunal n'a étrangement pas encore condamné pour l'affaire des faux électeurs du Vème arrondissement de Paris, Joelle Ceccaldi-Raynaud dans les Hauts-de-Seine, mise en cause dans une affaire de marchés truqués, André Santini, mis en examen pour détournement de fonds publics et prise illégale d'intérêt, Manuel Aeschlimann, mis en examen dans une affaire de financement occulte, Patrick Balkany, condamné en 1999 à une amende toujours impayée pour avoir utilisé à son domicile des employés municipaux de Levallois-Perret... Présumés coupables ou encore un temps présumés innocents, ces députés auraient pu avoir la décence de se retirer, définitivement ou le temps de régler leurs problèmes avec la justice.



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