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18 novembre 2007

Faillite à deux vitesses

"La France est en faillite" ont déclaré en substance notre premier ministre il y a quelques semaines et avant lui nombre d'éditorialistes-déclinologues de tous horizons. Dans une France en faillite, l'Etat ne dépenserait pas 15 milliards d'euros par an dans un paquet (cadeau) fiscal à une poignée de privilégiés. Dans une France en faillite, on règlementerait les parachutes dorés, on taxerait les stock-options et on s'attaquerait à tous les régimes spéciaux et pas seulement à ceux des cheminots ou des gaziers. Dans une France en faillite, on arrêterait d'accuser ces mêmes cheminots de faire perdre à l'Etat 200 millions d'euros quand, dans le même temps, ce même Etat fait un cadeau de 300 millions d'euros d'impôts (le bouclier fiscal) à une petite poignée de vrais privilégiés, ceux qui ne se battent pas pour une retraite à 1300 euros nets par mois. Dans une France en faillite, on arrêterait de stigmatiser les immigrés clandestins à grands renforts d'expulsions d'un autre temps et de tests ADN, tout en renforcant une immigration (la fameuse immigration choisie) qui permet au MEDEF de maintenir dans certains secteurs économiques des salaires au plus bas et de saper un peu plus le droit du travail. Dans une France en faillite, le président de la République n'augmenterait pas son salaire-argent de poche de 200% quand la question du pouvoir d'achat est l'une des préoccupations principales des Français... Alors certes partir à la retraite à 50 ou 55 ans ne peut sans doute pas être une fin en soi, mais il n'y a aucune raison pour que seule la France d'en bas se serre la ceinture...

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