03 août 2007

Les médias, premier soutien de Sarkozy pendant la campagne !

Nicolas Cadène nous offre un intéressant article sur l'ambitieux blog politique connectif Betapolitique intitulé La concentration des médias et leurs liens avec Sarkozy, histoire de ne pas oublier que les médias, dans leur ensemble et malgré de frêles résistances, ont favorisé l'élection du président Sarkozy. Il fait notamment l'inventaire non exhaustif d'un certain nombre de faits concernant la campagne présidentielle dans les médias :
" - La diffusion de reportages partiaux tels que celui diffusé par TF1 sur « La France des assistés » trois jours avant la fin de la campagne officielle et la veille du débat d’entre-deux tours
- La reprise des images de l’équipe de Nicolas Sarkozy pour l’ensemble de ses déplacements et meetings
- La diffusion d’images non révélatrices des déplacements et meetings de Ségolène Royal (toujours au pupitre, rarement dans la foule, seule, etc.)
- La reprise systématique de la moindre voix discordante au sein du PS
- La couverture exceptionnelle accordée à Eric Besson en comparaison de celle accordée à Azouz Begag
- La non-diffusion de communiqués de presse d’élus socialistes, etc.
- La diffusion de dépêches AFP, AP et Reuters partiales
- L’absence de contradiction des journalistes face aux élus UMP et à Nicolas Sarkozy
- La volonté évidente de « coincer » Ségolène Royal ou d’autres élus socialistes sur des éléments secondaires
- La concentration des journalistes sur les divisions internes au Parti Socialiste et sur les thématiques souhaitées par Nicolas Sarkozy
- La dérision sur toute nouvelle mesure de Ségolène Royal
- Le 100 minutes pour convaincre offert par Arlette Chabot la veille du début du décompte officiel du CSA, qui a permis au candidat ministre de l’intérieur de passer deux fois sur cette émission pendant que son adversaire n’y passait qu’une fois. "
Nicolas rappelle ensuite les liens entretenus par ces médias très concentrés avec Nicolas Sarkozy. On peut en tirer la conclusion suivante : la très grande majorité des médias sont détenus par des amis - politiques ou intimes - ou des soutiens de Sarkozy, ce qui ne veut bien évidemment pas dire que des journalistes ne résistent pas... Fort heureusement.
La conclusion de cet article me paraît tout à fait légitime : "il est essentiel de s’attaquer de façon constructive à [la concentration des groupes de presse]. Surtout, cela doit être diffusé massivement en parallèle d’une proposition de loi contre la concentration des médias, pour l’indépendance journalistique et pour le respect de sa déontologie."

20 juin 2007

La vague est bleue mais l'écume est rose

              
 
Sièges
  Communiste
15
  Divers gauche
15
  Socialiste
186
  Radical de gauche
7
  Les Verts
4
  Régionaliste
1
  Ecologiste
0
  Divers
1
  UDF- Mouvement Démocrate
3
  Majorité présidentielle
22
  Union pour un Mouvement Populaire
313
  Divers droite
9
  Mouvement pour la France
1
  Front national  
0
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
1 ) Un sursaut citoyen

On annonçait un raz-de-marée sarkozyste. Les citoyens ont choisi de donner au président une majorité franche mais néanmoins pas sans contre-pouvoir. Dans ce deuxième tour des législatives, la gauche fait en effet jeu égal avec la droite.

2) L'échec des instituts de sondage

Tous les instituts de sondage et les médias traditionnels déclaraient que les jeux étaient faits, que l'avance de l'UMP serait historique, certains instituts ayant même évoqué plus de 500 députés de la majorité. En réalité, Sarkozy fait moins bien que Chirac en 2002. UMP et apparentés perdent plus de cinquante sièges. Les instituts de sondage ont été relativement fiables en ce qui concerne l'élection présidentielle (même en 2002 contrairement à ce qu'on en a dit) mais ils ont échoué lors de ces élections législatives, d'abord parcequ'ils n'ont pas analysé l'importance de l'ancrage local des candidats dans un scrutin législatif, ensuite parce qu'ils n'ont pas mesuré que le Modem était un fait nouveau d'importance et que son électorat ferait la différence.

3) Le paradoxe Modem

Avec 3 ou 4 députés, le Modem est loin d'avoir atteint ses objectifs, et l'assemblée devra se passer de personnalités de qualité comme Anne-Marie Comparini. Pour autant, il est impossible de négliger que le Modem n'est pas mort, qu'il devrait rebondir et qu'il constitue un fait politique nouveau que les médias ont pourtant cherché à masquer. S'ils n'ont pas renouvelé le score de Bayrou à la présidentielle, les candidats du Modem se sont quasiment toujours placés en troisième position au premier tour. Que le Modem ne soit que la sixième ou septième force politique de la nouvelle Assemblée (ce qui est une ineptie) ne doit pas faire perdre de vue qu'elle est incontestablement la troisième force du pays réel. Et c'est en effet l'électorat du Modem qui a fait en grande partie la différence lors de ces législatives. Après s'être reportés équitablement sur Sarkozy et sur Royal au deuxième tour de la présidentielle, ils ont massivement choisi la gauche au nom de la pluralité lors de ces législatives.

4) Un petit bond du PS, pas un triomphe

Si le PS gagne pas loin de cinquante députés, il ne peut résolument pas l'analyser comme une adhésion des Français à son projet (quel est-il d'ailleurs ?). Il fallait vraiment le vouloir pour voter pour le PS tant leurs chamailleries sont ridicules. Le PS ne pourra pas faire l'économie d'une rénovation en profondeur. Cette rénovation doit passer par une mise en retraite des éléphants et faire place aux quadras du PS, les Valls, Montebourg, Hamon, Gorce, Le Roux, Peillon, Boutih et aux jeunes pousses. C'est le prix pour engager un autre renouvellement : celui des idées. Ségolène Royal, forte de ses 17 millions de voix, peut être la garante de ce renouvellement. Si les éléphants arrêtent de la piétiner...

5) Juppé victime d'une ineptie

Il est le symbole du semi-échec de l'UMP aux législatives. Et il est vrai que sa carrière politique semble ne pas pouvoir s'en remettre. 11 ministres étaient candidats aux législatives et pas une voix ne s'est élevée pour dire haut et fort que c'était une ineptie, qui met un terme à la séparation des pouvoirs et contribue à renforcer la présidentialisation (avec Sarko, c'est même une bonapartisation) de notre régime. Qui peut résolument considérer que le fait qu'une majorité d'électeurs de ces circonscriptions ait élu un député qui ne siégera probablement jamais à l'Assemblée est une avancée pour la démocratie ? Une question qui en appele une autre : comment les députés de l'UMP pourront-ils se défendre d'être des godillots ?

6) La lâcheté récompensée

Avec 22 membres, les félons de l'UDF, autoproclamés Nouveau centre, constitueront un deuxième groupe de godillots à l'assemblée nationale. Une intolérable prime à la lâcheté.

7) Des réacs à l'assemblée...

Les électeurs ont décidé de reconduire le pire des députés de droite : l'homophobe Christian Vanneste, le viel ultraconservateur Didier Julia, le pro-peine de mort Richard Dell'Agnola, l'utraréac Lionel Luca ou encore Georges Fenech...

8)...mais aussi des ripoux

Les électeurs ont également choisi de réélire des candidats mis en cause par la justice, n'étant pas blanchis ou n'ayant pas purger leur peine : Pierre Bédier dans les Yvelines, condamné en première instance pour corruption passive et recel d'abus de biens sociaux à 18 mois de prison et 3 ans d'inéligibilté, Jean-François Mancel dans l'Oise, condamné à 18 mois de prison avec sursis et 30000 euros d'amende et qui a fait appel devant la cour européenne, Jean Tibéri, que le tribunal n'a étrangement pas encore condamné pour l'affaire des faux électeurs du Vème arrondissement de Paris, Joelle Ceccaldi-Raynaud dans les Hauts-de-Seine, mise en cause dans une affaire de marchés truqués, André Santini, mis en examen pour détournement de fonds publics et prise illégale d'intérêt, Manuel Aeschlimann, mis en examen dans une affaire de financement occulte, Patrick Balkany, condamné en 1999 à une amende toujours impayée pour avoir utilisé à son domicile des employés municipaux de Levallois-Perret... Présumés coupables ou encore un temps présumés innocents, ces députés auraient pu avoir la décence de se retirer, définitivement ou le temps de régler leurs problèmes avec la justice.



06 juin 2007

Sortons les réacs

Les candidats aux élections législatives suivants entâchent le Palais-Bourbon... Voulons-nous encore d'eux à l'Assemblée nationale ? Voici le pire d'une droite plus que décomplexée. Attention liste non exhaustive...

Un homophobe...

Christian VANNESTE est candidat UMP-CNI dans la 10ème circonscription du Nord (Tourcoing) : cet ultraconservateur, partisan de la peine de mort, a déclaré en janvier et février 2005 dans le journal La voix du Nord : « l’homosexualité est une menace pour la survie de l’humanité ( …) » ; « je n’ai pas dit que l’homosexualité était dangereuse. J’ai dit qu’elle était inférieure à l’hétérosexualité. Si on la poussait à l’universel. Ce serait dangereux pour l’humanité (…) » ; « Pour moi leur comportement est un comportement sectaire » ; « Je critique les comportements, je dis qu’ils sont inférieurs moralement (…) ». Il est reconnu en janvier 2006 coupable d'injures en raison de l'orientation sexuelle suite à ces propos homophobes, ce qui sera confirmé en appel. Il n'abandonne pas pour autant puisqu'il a présenté une proposition de loi visant à supprimer l'article qui condamne pour diffamation envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur orientation sexuelle... Une loi de 1881. Plus réac, tu meurs... L'Assemblée nationale de notre république se passera volontiers de lui.

Un raciste antisémite...

Georges FENECH est candidat UMP dans la 11ème cirocnscription du Rhône (Condrieu). Mis en examen dans l'affaire Falcone, Georges Fenech a été condamné sans peine pour injures publiques raciales en tant que rédacteur en chef de la revue de l'association professionnelle des magistrats (encore une belle confusion de pouvoirs) dans laquelle fut écrit : « Tant va Lévy au four, qu'à la fin il se brûle » à propos du substitut de Toulon, qui luttait contre le crime organisé varois. C'est déjà suffisamment honteux que ce type soit dans les plus hautes sphères de la magistrature sans qu'il soit en plus au Palais-Bourbon.

Un viel ultraconservateur...

Didier JULIA est candidat UMP dans la 2ème circonscription de Seine et Marne (Fontainebleau). Opposé à l'abolition de la peine de mort en 1981, favorable à l'apport des voix FN au conseil régional d'Ile de France en 1998, Didier Julia était aussi un grand ami du régime de Saddam Hussein. Député depuis 1967, il est temps de le mettre en retraite.

Ils veulent rétablir la peine de mort...

Richard DELL'AGNOLA est candidat UMP dans la 12ème circonscription du Val de Marne. La proposition de loi visant à rétablir la peine de mort pour les auteurs d'actes de terrorisme, c'est lui. Il s'opposa à l'inscription de la suppression de la peine de mort dans la constitution. Tout comme, entre autres : Eric RAOULT, candidat dans la 12ème circonscription de Seine Saint Denis et Olivier DASSAULT, candidat dans la 1ère circonscription de l'Oise. L'Assemblée nationale ne serait pas orpheline sans eux.

PACA, terre d'asile des réacs...

Lionel LUCA, candidat UMP dans la 6ème circonscription des Alpes Maritimes, est favorable à la peine de mort et opposé à l'IVG, le PACS, la loi Taubira sur l'esclavage... Thierry MARIANI, candidat UMP dans la 4ème circonscription du Vaucluse, est a peu près sur le même créneau, anti-PACS, anti-IVG, anti-loi Taubira.

05 juin 2007

Sortons les lâches

Tu quoque mi fili aurait pu dire François Bayrou lorqu'il fut poignardé dans le dos par ses félons et opportunistes amis. Après avoir soutenu leur candidat du premier tour - surtout quand il était au plus haut dans les sondages - et sa stratégie d'indépendance, ces traîtres ont préféré les petits arrangements politiciens au courage politique et ont retourné leur veste quitte à se renier, l'un pour un portefeuille ministériel, les autres pour rester au Palais-Bourbon. Ils ont même décidé de tout faire pour détruire le Modem en créant un pseudo "nouveau centre", ni au centre, ni nouveau. Ils y croient tellement que c'est sous l'étiquette "majorité présidentielle" qu'ils sont candidats, certains y associant avec culot l'étiquette "UDF", d'autres le fameux Parti social libéral européen (qui n'est cependant jamais trop en avant sur les affiches!)

Espérons que les citoyens sanctionneront cette lâcheté ordinaire et choisiront des candidats ayant un peu plus de conscience politique que ceux-là :

Jean-Pierre ABELIN, candidat de la majorité présidentielle-PSLE dans la 4ème circonscription de la Vienne (Châtellerault-Loudun)

Bernard BOSSON, candidat de la majorité présidentielle dans la 2ème circonscription de Haute-Savoie (Annecy-Seynod-Faverges)

Charles DE COURSON, candidat de la majorité présidentielle-UDF dans la 5ème cirocnscription de la Marne

Stéphane DEMILLY, candidat du parti social libéral européen dans la 5ème circonscription de la Somme

Jean DIONIS DU SEJOUR, candidat de la majorité présidentielle-UDF dans la 1ère circonscription du Lot-et-Garonne (Agen-Nérac)

Francis HILLMEYER, candidat de la majorité présidentielle-Le Centre (sic !) dans la 6ème circonscription du Haut-Rhin (Mulhouse Nord)

Michel HUNAULT, candidat de la majorité présidentielle dans la 6ème circonscription de Loire-Atlantique

Olivier JARDE, candidat de la majorité présidentielle-PSLE dans la deuxième circonscription de la Somme (Amiens)

Yvan LACHAUD, candidat de la majorité présidentielle dans la 1ère circonscription du Gard (Nîmes)

Maurice LEROY, candidat de la majorité présidentielle-PSLE dans la 3ème circonscription de Loir-et-Cher

Claude LETEURTRE, candidat de la majorité présidentielle-PSLE dans la 3ème circonscription du Calvados (Falaise-Lisieux)

Hervé MORIN, candidat de la majorité présidentielle-UDF dans la 3ème circonscription de l'Eure

Nicolas PERRUCHOT, candidat de la majorité présidentielle-PSLE dans la 1ère circonscription du Loir-et-Cher (Blois)

Jean-Luc PREEL, candidat de la majorité présidentielle UMP-UDF dans la 1ère circonscription de la Vendée

François ROCHEBLOINE, candidat de la majorité présidentielle-PSLE dans la 3ème circonscription de la Loire

Rudy SALLES, candidat de la majorité présidentielle-PSLE dans la 3ème circonscription des Alpes-Maritimes (Nice)

André SANTINI, candidat de la majorité présidentielle dans la 10ème circonscription des Hauts-de-Seine (Issy les Moulineaux)

François SAUVADET, candidat de la majorité présidentielle-PSLE dans la 4ème circonscription de la Côte d'Or

Rodolphe THOMAS, candidat de la majorité présidentielle-UDF dans la 2ème circonscription du Calvados (Caen)

Francis VERCAMER, candidat de la majorité présidentielle dans la 7ème circonscription du Nord (Roubaix)

25 mai 2007

Lettre ouverte à François Bayrou

Cher François,
 
Tu es décidément un homme politique courageux et par là-même éminemment respectable : résister au rouleau compresseur UMP à deux reprises et aux manigances de Sarkozy relève de l'exploit. Je te souhaite de réussir ton pari de créer un mouvement politique centriste indépendant et espère vraiment que les quelques députés sortants à ne pas avoir retourner leur veste pour de simples petits arrangements électoraux et politiciens parviendront à être réélus. Avec d'autres, car la constitution d'un groupe parlementaire Mouvement démocrate est assurément ton assurance-vie et celle de ton nouveau mouvement. Il serait d'ailleurs inconcevable qu'un parti ayant un potentiel électoral de plus de 18% ne soit pas représenté à l'Assemblée nationale et c'est une fois de plus la démocratie qui serait bafouée. Toi et tes (rares et fidèles) amis Gilles Artigues, Anne-Marie Comparini, Jean Lassalle, Gérard Vignoble et, dans une moindre mesure, Jean-Christophe Lagarde méritent infiniment nos encouragements (et sans doute un peu plus), bien plus que les Baguet ou Santini, félons du 1er tour, et les Leroy ou Morin, félons du 2ème tour, tous prêts à constituer un pôle centriste totalement dénué de sens au sein de la majorité présidentielle.

Après avoir démontré sa mainmise sur les médias, ton ancien pote Nicolas lance son OPA sur le centre. Si rupture il y a avec ce nouveau Président, elle ne se situera pas au niveau du fonctionnement de nos institutions et de la rénovation de la vie politique française.

Pour ma part, j'ai bien conscience que tu es pour beaucoup dans le fort taux de participation à l'élection présidentielle et que tu suscites un véritable engouement... Il suffit d'observer un peu la blogosphère pour s'en rendre compte...
 
Bon courage à toi et à Gilles, Anne-Marie, Jean, Gérard et les autres. Pour que le courage politique et la fidélité à ses engagements paient !!!

16 mai 2007

La nouvelle France

Petite leçon de sociologie électorale

A quoi ressemble la France des 22 avril et 6 mai 2007 ?

Sarkoland

Sarkoland regroupe au premier tour 31% de la population française et 53% au 2ème tour, soit entre 11 et 19 millions de Français. Qui sont-ils ? Ils ont plus de 60 ans (61% des plus de 60 ans et 68% des plus de 70 ans sont "sarkolandais" au deuxième tour, déjà plus de 40% au premier). Ils sont retraités ou inactifs (un comble pour les défenseurs de la "valeur travail" : 63%), artisans, commerçants, chefs d'entreprise (82%), cadres, agriculteurs (67%), sont peu ou pas diplômés, gagnent moins de 800 euros (sic !) ou plus de 3000 euros par mois même si la classe moyenne est aussi assez bien représentée, vivent à la campagne et dans les communes de moins de 100 000 habitants. En 2002, ils vivaient en Chiraquie et à Facholand (82% des élécteurs de Le Pen en 2002 se sont reportés sur Sarkozy le 6 mai) C'est le pays des indépendants, des entrepreneurs, de ceux qui ont peur ou de ceux qui veulent voir fructifier leur portefeuille (d'actions ?), de ceux aussi qui en ont marre de payer des impôts. C'est un peuple bien discipliné à l'égard de son grand manitou Nicolas Sarkozy.

 Ségosphère

26 à 47% des Français, soit 9 à 17 millions de Français. Ils sont jeunes (60% des 18-24 ans sont "ségosphériens", plus généralement les moins de 60 ans, à l'exception des 25-34 ans plus difficiles à cerner). Ce sont des ouvriers (54 à 59% des ouvriers se seon reportés sur Ségolène au deuxième tour), des employés (51 à 57%), plutôt du secteur public, des cadres... Bref, et c'est pas le moindre des paradoxes, c'est la "France qui se lève tôt" chère à Sarkozy. Auxquels il faut ajouter les chômeurs et les étudiants. Ce sont en quelque sorte, quoi qu'on en ait dit, des forces vives du pays. Ils vivent dans les grandes villes. Ce sont des travailleurs qui gagnent entre 800 et 1500 euros par mois, même si les classes moyennes supérieures sont bien représentées. C'est un peuple divisé, en particulier à sa tête où les "éléphants" font de l'ombre à leur cheftaine. Leur chef n'a pas réussi à susciter l'adhésion à son programme qui avait trop de zones d'ombres (presque un ségosphérien sur deux est dans la Ségosphère pour faire barrage à Sarkozy).

Modem

L'essor de cette "région" est l'une des caractéristiques de la France de 2007, puisque sa population a triplé en cinq ans pour représenter aujourd'hui près de 7 millions de personnes (18,5%). Cette population centrale est assez volatile. Longtemps classée à droite, elle s'est reportée assez équitablement sur le candidat du Sarkoland et de la Ségosphère (avec de grandes différences régionales), une partie s'étant abstenue (respectivement 40%, 38% et 22%). C'est une nouvelle France aux frontières variables. Ce sont surtout de jeunes hommes de 25 à 34 ans, au chômage, à leur compte ou salariés (plutôt cadres), diplômés (j'ajouterai internautes), habitant l'agglomération parisienne, se situant plutôt à gauche ou plutôt à droite (au centre quoi !) et ayant voté oui au référendum sur l'Europe de 2005.

 Facholand

Les "facholandais" représentent environ 4,5 millions de Français, soit plus de 13% de la population (contre 5,5 millions en 2002) mais leur influence dépasse largement les frontières du Facholand, car nombreux sont les Facholandais à avoir émigré au Sarkoland. Des liens étroits unissent ces deux pays, même si leurs chefs ne sont pas (encore ?) amis. Ils sont ouvriers (23 à 26% des ouvriers français sont facholandais), parfois chômeurs ou à leur compte, ont pas ou peu de diplomes et vivent plutôt à la campagne. Ils ne sont pas si âgés qu'on le prétend : les 25-34 ans sont bien représentés.

 Altermondes

Pays très divisé pour ne pas dire écartelé entre plusieurs factions. Raison pour laquelle il vaut mieux parler d'altermondes au pluriel. Ils représentent moins de 4 millions de Français, soit environ 11,5% de la population française. Ce sont des contestataires qui ne sont pas parvenus, les divisions n'arrangeant rien, à représenter une alternative sérieuse. S'ils sont crédibles lorsqu'ils dénoncent les méfaits de l'ultralibéralisme, ils le sont moins lorsqu'ils proposent de travailler 32h par semaine, se prononcent pour une immigration libre ou abandonennt l'idée de nation. Ennemis du Sarkoland et du Facholand, ils se sont reportés pour les 3/4 d'entre eux sur la chef de la Ségosphère. Ce sont principalement des moins de 35 ans, au chômage ou salariés du public. Les étudiants ne sont pas mal représentés.


Libre interprétation des enquêtes d'opinion Ipsos et Tns-Sofres des 22 avril et 6 mai 2007 disponibles sur : http://www.ipsos.fr/presidentielle-2007/pdf/ssu.pdf et http://www.tns-sofres.com/etudes/pol/240407_presi2007.pdf pour le premier tour, http://www.ipsos.fr/presidentielle-2007/pdf/ssu-2eTour.pdf et http://www.tns-sofres.com/etudes/pol/060507_presi2007.pdf pour le deuxième tour.

Petit rappel...

 

 

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RESULTATS DE L'ELECTION PRESIDENTIELLE  

 

DIMANCHE 6 MAI 2007

France entière (résultats officiels)

 

 
  Nombre % Inscrits

 

Inscrits 44 472 733

 

100,00

 

Abstentions 7 130 729

 

16,03

 

 

Votants 37 342 004

 

83,97

 

 

 
  Nombre % Votants
Blancs ou Nuls 1 568 426 4,20
Exprimés 35 773 578 95,80
 
  Voix % Exprimés
  M.  Nicolas  SARKOZY 18 983 138 53,06
  Mme  Ségolène  ROYAL 16 790 440 46,94

RAPPEL DES RESULTATS 1er tour
DIMANCHE 22 AVRIL 2007
  Nombre % Inscrits
Inscrits 44 472 834 100,00
Abstentions 7 218 592 16,23
Votants 37 254 242 83,77
 
  Nombre % Votants
Blancs ou Nuls 534 846 1,44
Exprimés 36 719 396 98,56
 
  Voix % Exprimés
  M.  Olivier  BESANCENOT 1 498 581 4,08
  Mme  Marie-George  BUFFET 707 268 1,93
  M.  Gérard  SCHIVARDI 123 540 0,34
  M.  François  BAYROU 6 820 119 18,57
  M.  José  BOVÉ 483 008 1,32
  Mme  Dominique  VOYNET 576 666 1,57
  M.  Philippe  de VILLIERS 818 407 2,23
  Mme  Ségolène  ROYAL 9 500 112 25,87
  M.  Frédéric  NIHOUS 420 645 1,15
  M.  Jean-Marie  LE PEN 3 834 530 10,44
  Mme  Arlette  LAGUILLER 487 857 1,33
  M.  Nicolas  SARKOZY 11 448 663 31,18

Source : Ministère de l'Intérieur

Les résultats complets dans les régions, les départements et les villes de France sont sur : http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/resultats-elections/PR2007/index.html 

L'e-citoyen

 

 

Bienvenue à Sarkoland !

Sarko à l'Elysée

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Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République le 6 mai dernier avec 53.06% des suffrages exprimés et près de 19 millions de voix.

Et maintenant ? Que faire ? Que faire quand on n'a pas le sentiment d'appartenir à cette France de toutes les peurs et du chacun pour soi ? Que faire lorsqu'on est en désaccord avec les idées et propositions ultralibérales, communautaristes ou atlantistes de son nouveau Président de la République ? Que faire si l'on est inquiet des liens étroits que Sarkozy entretient avec les grands patrons du CAC 40, et en particulier avec les patrons des grands groupes de presse ?

Respecter le verdict des urnes ? Dans une démocratie, c'est la moindre des choses. Rester mobilisé sur les échéances électorales à venir ? Sans aucun doute (même s'il ne faut pas être devin pour pronostiquer un raz-de-marée sarkozyste). Compter sur les contre-pouvoirs institutionnels ? Certainement pas, puisqu'ils sont déjà aux mains de l'Etat UMP (voir le Conseil constitutionnel ou le CSA). Espérer que le quatrième pouvoir, celui des médias traditionnels, retrouve son rôle de contre-pouvoir ou tout au moins fasse preuve d'esprit critique ? Impossible. Il n'y a qu'à voir la campagne qui vient de s'achever : le "parti de la presse et de l'argent" (Plan B) avait choisi son pésident.

Alors ? Se taire pendant cinq ans ? Certainement pas... Je choisis le cinquième pouvoir cher à Ignacio Ramonet, celui de la liberté d'expression. Et je garde le sourire...

e-citoyen, place de la liberté