18 novembre 2007
Haute trahison
Dans un article intitulé Haute trahison, Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public, n'hésite pas à parler de "coup d'état" et de "haute trahison" pour désigner le passage en force du traité européen pas vraiment simplifié et rejeté par le peuple français par référendum. "La démarche du président de la République prétendant interpréter seul la volonté du peuple français est totalement arbitraire et confine à la dictature". Elle donne à juste titre l'exemple de la Californie et de l'Italie, dont les Constitutions respectives prévoient "qu’une norme adoptée par référendum ne peut être par la suite abrogée ou modifiée que par une autre décision populaire". "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs" écrit-elle. Elle appelle également les parlementaires à se constituer en Haute-cour pour sanctionner le président Sarkozy pour "manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec l'exercice de son mandat" conformément à la Constitution. Avant de conclure : "Sans insurrection ni destitution, nous n’aurons alors plus qu’à pleurer sur notre servitude volontaire en réalisant que nos élus représentent bien ce que nous sommes nous-mêmes devenus : des godillots". Deux jeunes gens essaient de coordonner une plainte collective devant la Cour européenne des droits de l'homme contre la ratification parlementaire : une initiative à soutenir sur le site 29 mai déni de démocratie
19:10 Publié dans Place de la République | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, traité européen, citoyenneté, résistance
17 octobre 2007
Citoyens-lecteurs de Télérama
L'engagement citoyen et la dénonciation de la désinformation. Voilà des adages que Télérama a abandonnés depuis longtemps (comme la plupart des titres de la presse écrite), pas ses lecteurs. Le courrier des lecteurs du Télérama de ce 17 octobre le prouve encore. Petit florilège. "Et si on demandait aux candidats députés ou sénateurs de justifier leur identité nationale au moyen de tests ADN ? Ne craindraient-ils pas d'avoir à découvrir qu'ils ne sont, pour beaucoup d'entre eux, que des enfants de Pétain" écrit André, de Versailles. Marie-Laure, de Moirans, suggère au ministre de la persécution des étrangers de l'identité nationale "pour garder une cohérence avec les orientations actuelles (...) de rajouter un amendement à sa proposition de loi : faire supprimer le mot fraternité de tous les frontons des mairies de France". Sur la désinformation et le manque de recul critique des journalistes, les lecteurs sont tout aussi pertinents. David, d'Angoulème écrit : "Nous vous rappelons la principale information de la journée : visite de Nicolas Sarkozy aux infirmières bulgares... Allez David, n'oublions pas l'autre information du jour : la direction et les actionnaires d'EADS se sont rendus coupables d'un délit d'initiés massif et l'Etat français le savait. Rien de bien grave, 90 millions d'euros seulement et, comme l'affirme notre président, la pénalisation à outrance de notre droit des affaires est une grave erreur... je veux y mettre un terme. Dormez tranquille, cher Arnaud Lagardère, ni la presse, ni l'Etat, ni votre meilleur ami ne veulent troubler votre sommeil et je doute que votre conscience ne vous occasionne des nuits aussi blanches que celles des futurs 10000 licenciés d'EADS." Ou encore Philippe, de Paris, qui s'indigne en affirmant qu'"un degré de plus dans l'ignominie au journal de 20 heures de France 2, le 2 octobre" est atteint lorsque "ces journalistes filment sans broncher (sur le port de Cherbourg) ces hommes qu'on sort de leur cachette, terrorisés sous la lumière des projecteurs; le présentateur diffuse sans plus d'émotion que s'il s'agissait d'une battue pour des animaux nuisibles." Avant de conclure : "Mais dans quel pays vivons-nous ? Mais dans quel siècle vivons-nous ? Comment supportons-nous d'avoir mis au pouvoir des gens capables de ça ? Quand allons-nous hurler : Assez ! ?". Quand les journalistes abandonnent leur contre-pouvoir, heureusement qu'il reste les lecteurs. La conclusion pour Caroline, de Paris : "je me réjouis, toutes les semaines, de lire tout haut (dans le courrier des lecteurs de l'hebdomadaire) ce que j'ai pensé bien fort"
13:35 Publié dans Voie de l'Avenir | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : citoyenneté, résistance





