05 mai 2008

Sarko an I : premier bilan

Julien Martin, journaliste à Rue89, dresse un bilan plutôt objectif de cette première année du président bling bling, en évocant succesivement les promesses tenues - c'est pas parce qu'elles sont tenues qu'on est obligé de les cautionner - : traité de Lisbonne, service minimum, régimes spéciaux, carte judiciaire, franchises médicales, non-remplacement de fonctionnaires... ; les promesses partiellement tenues : loi sur la récidive, loi sur l'immigration (affaire "ADN"), Grenelle de l'environnement, plan banlieue, RSA... ; les promesses non tenues : pouvoir d'achat, Gandrange, retour raté de la croissance, diplomatie...

18 novembre 2007

Faillite à deux vitesses

"La France est en faillite" ont déclaré en substance notre premier ministre il y a quelques semaines et avant lui nombre d'éditorialistes-déclinologues de tous horizons. Dans une France en faillite, l'Etat ne dépenserait pas 15 milliards d'euros par an dans un paquet (cadeau) fiscal à une poignée de privilégiés. Dans une France en faillite, on règlementerait les parachutes dorés, on taxerait les stock-options et on s'attaquerait à tous les régimes spéciaux et pas seulement à ceux des cheminots ou des gaziers. Dans une France en faillite, on arrêterait d'accuser ces mêmes cheminots de faire perdre à l'Etat 200 millions d'euros quand, dans le même temps, ce même Etat fait un cadeau de 300 millions d'euros d'impôts (le bouclier fiscal) à une petite poignée de vrais privilégiés, ceux qui ne se battent pas pour une retraite à 1300 euros nets par mois. Dans une France en faillite, on arrêterait de stigmatiser les immigrés clandestins à grands renforts d'expulsions d'un autre temps et de tests ADN, tout en renforcant une immigration (la fameuse immigration choisie) qui permet au MEDEF de maintenir dans certains secteurs économiques des salaires au plus bas et de saper un peu plus le droit du travail. Dans une France en faillite, le président de la République n'augmenterait pas son salaire-argent de poche de 200% quand la question du pouvoir d'achat est l'une des préoccupations principales des Français... Alors certes partir à la retraite à 50 ou 55 ans ne peut sans doute pas être une fin en soi, mais il n'y a aucune raison pour que seule la France d'en bas se serre la ceinture...

14 août 2007

MAM : ministre pour combien de temps encore ?

 

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Elle est probablement le seul électron libre du gouvernement, une femme de caractère, fidèle jusqu'au bout à Chirac qui en fit la première femme ministre de la défense, poste où elle sut se faire apprécier. Qu'on l'aime ou non, force est de constater que son parcours (même si elle est très loin d'être une "self-made woman", MAM est quand même très "fille de") ne laisse pas indifférent, y compris (surtout ?) sa résistance courageuse au rouleau compresseur Sarkozy.

Dans un gouvernement sarko-gouroutisé, le sarko-scepticisme de MAM (pensez donc, elle fut la seule à le concurrencer pour la candidature UMP à la présidentielle), pourtant bien refoulé depuis l'élection de Sarkozy, devrait, l'affaire Clearstream aidant, lui coûter le ministère de l'intérieur. Et le gouvernement godillot sera bien comme il faut sous les ordres du Chef, entre les fidèles lieutenants du Duce et les traîtres de pseudo-gauche désormais contraints d'assumer leur retournement de veste s'ils veulent vivre politiquement (qui peut en effet encore accorder ses suffrages aujourd'hui à un Eric Besson ?). 

17 juillet 2007

Paquet fiscal ou renforcement des inégalités ?

Ca y est, c'est fait : l'assemblée nationale a adopté cette nuit, en première lecture, le "paquet fiscal" dit aussi pompeusement loi relative au travail, à l'emploi et au pouvoir d'achat. En clair, un cadeau fiscal de 13 à 15 milliards d'euros par an à une poignée de Français - devinez lesquels ? - : abaissement du bouclier fiscal à 50%, suppression des droits de successions des 10% de Français les plus aisés, quasi statu quo sur les parachutes dorés... Il y a aussi la détaxation des heures supplémentaires et le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt immobilier, pour lesquels l'actuel président de la commission des finances à l'Assemblée, Didier Migaud,  n'est pas tendre :  "(Les) conclusions des rapports (commandés pour juger de la pertinence des ces mesures en 2004)  furent unanimes : de telles mesures, de l'avis même de personnes qui exercent aujourd'hui des responsabilités éminentes, ne présentaient pas une présomption d'efficacité suffisante pour être expérimentées."  Seule la mise en place du RSA, cher à Martin Hirsch, semble digne d'intérêt, même si tout dépendra de sa mise en oeuvre concrète. Finalement, c'est Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale qui est le plus transparent et le moins hypocrite lorsqu'il parle de ce projet de loi : c'est " un engagement très fort du Président de la République qui a pour but de placer la France aux meilleurs standards de la compétitivité fiscale internationale". Ah, c'est donc cela le but inavoué. C'est étrange : je croyais que notre gouvernement était guidé par le modèle anglo-saxon alors que c'est le modèle suisse ou monégasque qui serait en ligne de mire...

16 juillet 2007

Les parachutes dorés continueront de s'ouvrir

Le candidat Nicolas Sarkozy l'avait promi : les parachutes dorés seront supprimés. Le tout nouveau chef de l'Etat l'a confirmé ensuite : "je souhaite qu'on puisse rendre illégale la pratique des golden parachutes". L'omnipotent chef de l'Etat a pourtant fait le choix de ne pas tenir sa promesse. Le projet de loi de Christine Lagarde encadre mais n'interdit pas : "l'Assemblée générale des actionnaires pourra procéder à un vote spécifique sur l'attribution de ces indemnités"... Autrement dit, rien de neuf. Il y aura donc bien d'autres Noël Forgeard... Pour un savoir plus, vous pouvez visionner le reportage de La Télé Libre

20 mai 2007

Martin Hirsch ou la première bonne nouvelle de l'ère Sarkozy

Martin Hirsch est depuis le 18 mai le Haut commissaire des solidarités actives contre la pauvreté. La nomination de cet homme de gauche, ex-directeur de cabinet de... Bernard Kouchner et ex-directeur de l'Agence française de sécurité des aliments, pourrait également être perçue comme une traîtrise. Mais, à la différence de Kouchner, Martin Hirsch est issu de la société civile, n'a fait campagne pour personne, ne fait pas à proprement partie du gouvernement et est nommé dans son domaine de compétences.

medium_Hirsch.2.jpgCette nomination pourrait même être la première bonne nouvelle de l'ère Sarkozy. Cet homme au parcours atypique - il a quitté sa carrière d'énarque (auditeur, maître des requêtes, secrétaire général adjoint au Conseil d'Etat...) pour prendre la présidence d'Emmaüs France en 2003 - a lancé en 2006, avec Benoît Genuini, qui pour sa part a quitté ses fonctions patronales, une Agence nouvelle des solidarités actives. Autant dire que la question de la pauvreté, et en particulier la pauvreté des 7 millions de travailleurs qui gagnent moins de 60% du salaire médian (soit 774 euros par mois), il connait.

Martin Hirsch fait plusieurs constats : 1) la pauvreté des travailleurs et le nombre de rmistes augmentent, 2) le système sophistiqué d'aide sociale ne cherche pas à prévenir la pauvreté, ni à en sortir et n'encourage pas toujours les rmsites à retrouver un emploi 3) il existe un marché de la pauvreté : les banques acceptent le surendettement, les entreprises compressent les salaires, les agents immobiliers profitent de la crise du logement. A partir de là, Hirsch propose d'expérimenter le RSA ou revenu de solidarité active. Pour lui, pas question de diminuer le RMI ou de décréter l'augmentation du SMIC pour résoudre la pauvreté. Il faut que les rmistes aient intérêt à retrouver un emploi et que chaque heure travaillée permette d'améliorer le revenu final de la famille. Hirsch considère que les entreprises ne font pas suffisamment le lien entre leur activité économique et leur responsabilité dans la pauvreté et que les politiques pondent des mesures très éloignées de la réalité du terrain. D'où la nécessité d'expérimenter avant d'entériner, de négocier aussi et... de lier la baisse des charges sociales des entreprises avec la hausse de la qualité de l'emploi ou encore l'augmentation des salaires des patrons avec la baisse de la pauvreté. 

Martin Hirsch a donc de bonnes idées... encore faut-il qu'il ne soit pas l'Azouz Begag du président Sarkozy. La déception et la traîtrise, ce serait alors qu'il n'ait pas choisi le bon gouvernement pour expérimenter son projet et qu'il laisse ses bonnes idées dans un tiroir.

Un homme de gauche... Bernard Kouchner ?


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Bernard Kouchner est-il encore de gauche ?

Il est étrangement le symbole de l'ouverture à gauche du gouvernement Sarko-Fillon. Mais qui, à part les journalistes et l'appareil socialiste déboussolé peut encore considérer le "french doctor" comme un homme de gauche ? Ils sont bien loin le temps de l'animation du comité de grève de la fac de médecine (1968) et le temps de sa carrière humanitaire avec la co-fondation de Médecins sans frontières (1971) puis de Médecins du Monde (1979). Dès 1995, il se prononce en faveur de la réforme de la sécurité sociale de Juppé. En 2003, il s'est vigoureusement prononcé en faveur de l'intervention américaine en Irak, ce que même Sarkozy n'avait pas osé (il s'est bien rattrapé depuis en stigmatisant auprès de Bush "l'arrogance" française). Plus récemment, il se dit en accord avec le contrat nouvelle embauche et l'ouverture du capital de GDF tout en fustigeant régulièrement les 35 heures et le nombre de fontionnaires. Et en décembre 2006, il déclarait au Nouvel Obs qu'il se verrait bien dans un gouvernement d'union nationale de Sarkozy. Avant de rallier finalement l'équipe de campagne de Ségolène et d'affirmer son désaccord avec le discours des dernières semaines de campagne de Sarkozy.

La revanche d'un opportuniste qui a une haute idée de lui-même

Bernard Kouchner aime le pouvoir : il l'a écrit dans son livre Quand tu seras président. C'est la raison pour laquelle il s'est toujours senti sous-exploité au sein du PS. Lui, l'une des personnalités politiques préférées des Français, n'a obtenu qu'une seule fois un poste de ministre plein (c'était dans le gouvernement Bérégovoy il y a 15 ans). De retour de sa mission au Kosovo pour l'ONU, il ne se voit proposé qu'un ministère-délégué et toujours dans le même domaine : celui de la santé. Le Quai d'Orsay, il en rêvait depuis longtemps. Sa stature internationale, il la travaille depuis son combat pour la reconnaissance du droit d'ingérence.  Son poste de chargé de mission pour l'ONU au Kosovo va dans ce sens. Et ses tentatives onusiennes se sont pourtant finalement limitées au Kosovo, lui qui se serait bien vu Haut commissaire aux réfugiés ou directeur général de l'Organisation mondiale du commerce. Par ailleurs, Bernard Kouchner n'est jamais parvenu malgré ses multiples parachutages à décrocher un mandat législatif. En 2006, il se voyait en candidat de la gauche à l'élection présidentielle, mais ne fit pourtant jamais partie des prétendants sérieux. Finalement, ce besoin de reconnaissance, cette soif de pouvoir, c'est Nicolas Sarkozy qui les lui offre.

Membre de plusieurs gouvernements de gauche mais régulièrement en accord avec ceux de droite, ségoléniste jusqu'au 6 mai, il se réveille sarkozyste par opportunisme dès le 7 mai. Quel message donne-t-il aux jeunes générations ? De ne jamais agir par conviction mais d'essayer de se "placer" quitte à se renier. Une belle définition de la France du chacun pour soi en somme.

19 mai 2007

L'équilibre gouvernemental selon Sarkozy

Un gouvernement de la continuité
 
medium_gvt_fillon_1.2.jpgLa rupture est effectivement bien tranquille... En effet, seuls 5 ministres sur les 16 que compte le gouvernement n'ont pas occupé de fonction ministérielle dans les gouvernements de l'ère Chirac (Il y en a même un du gouvernement de Jospin) : Rachida Dati, Valérie Pécresse et Christine Albanel, qui sous leurs airs de jeunes premières ont été très proches des hautes sphères chiraquiennes, la première auprès du ministère de l'intérieur, les deux suivantes auprès de la présidence de la république, Christine Boutin (ouah quelle rupture !!!) et Hervé Morin. C'est donc un gouvernement de la continuité non assumée en attendant de se décomplexer.
Il a cependant deux mérites : le nombre (et la parité) des ministres nommés et le redécoupage ministériel, ce qui donne un peu plus de clarté aux attributions de chacun et qui semble sur le papier garant d'une meilleure efficacité fonctionnelle (exception faite du fameux ministère de l'immigration et de l'identité nationale que je ne peux cautionner), et la création d'un grand ministère d'Etat de l'écologie, de l'aménagement et du développement durables qui, à condition de ne pas être une coquille vide, devrait porter cette question essentielle du développement durable sur le devant de la scène politique.
 
Un gouvernement-vitrine
  
Avec ce premier gouvernement, Nicolas Sarkozy parvient à :
- nommer un premier ministre qui ne lui fera pas d'ombre : l'autre François.
- neutraliser ses concurrents de l'UMP pour 2012 : Alain Juppé, Michèle Alliot-Marie, Jean-Louis Borloo.
- donner le sentiment de l'ouverture : Hervé Morin, le félon de l'UDF, et Bernard Kouchner, l'opportuniste que l'on présente encore comme un homme de gauche.
- recycler (développement durable oblige !) des emblèmes de la Chiraquie : Juppé et MAM, Christine Albanel, l'ex plume de Chirac, Christine Boutin, la passionaria des valeurs catholiques traditionnelles, Roselyne Bachelot, l'ex jupette en rose fuschia.
- placer à deux postes sensibles (éducation nationale et affaires sociales) des ministres qui ont déja eu l'occasion de montrer les crocs : les deux Xavier, Darcos et Bertrand. 
- récompenser une partie des fidèles : Brice Hortefeux, Rachida Dati, Valérie Pécresse.
- réserver des strapontins pour les autres : secrétariats d'Etat, présidence de l'Assemblée nationale (moi qui croyais que le président de l'assemblée nationale était élu par les députés !!!), présidence du groupe UMP à l'assemblée nationale (il me semblait que c'était les députés UMP qui choisissaient leur président de groupe !!!), présidence de conseil général (ah j'ignorais qu'un président de conseil général était nommé par le président de la république !!!), co-présidence de l'UMP (ce ne sont  pas les militants qui désignent leur président !!!)... Va vraiment falloir que je révise le fonctionnement des institutions françaises...

 
Finalement, il n'est pas mal ficelé ce gouvernement... tout dépend ce qu'on en attend.

17 mai 2007

Le gouvernement avant l'heure

C'est demain matin, vendredi 18 mai, que François Fillon dévoilera son gouvernement... Voici les pronostics selon plusieurs sources en ligne concordantes...

Ministre d'Etat, ministre virtuel du développement durable, de l'équipement, des transports et de l'industrie : Alain JUPPE

Ministre virtuel de la stratégie économique, des entreprises, de l'emploi et du commerce extérieur : Jean-Louis BORLOO

Ministre virtuel de l'immigration, de l'identité nationale et de la coopération : Brice HORTEFEUX

Ministre virtuel de la sécurité intérieure : Michèle ALLIOT-MARIE

Ministre virtuel des affaires sociales et du travail : Xavier BERTRAND

Ministre virtuel des affaires étrangères : Bernard KOUCHNER (PRG)

Ministre virtuel de la Justice : Rachida DATI

Ministre virtuel de la culture : Christine ALBANEL

Ministre virtuel de l'éducation nationale : Xavier DARCOS

Ministre virtuel de la défense : Hervé MORIN (UDF)

Ministre virtuel de l'agriculture : Christine LAGARDE

Ministre virtuel de la santé : Roselyne BACHELOT

Ministre virtuel de la recherche et de l'enseignement supérieur : Valérie PECRESSE

Ministre virtuel du budget et des finances : Eric WOERTH 

Les fidèles seront quand même récompensés : Bernard ACCOYER à la présidence de l'assemblée nationale (mais Patrick OLLIER tentera de la conserver), Christian ESTROSI à la présidence du groupe UMP (mais Jean-François COPE est également candidat), Patrick DEVEDJIAN à la présidence du conseil général des Hauts de Seine.

Les félons opportunistes seront également présents : Eric BESSON avec un secrétariat d'état auprès de Borloo, Jean-Pierre JOUYET avec un autre opportuniste : Kouchner (aux affaires européennes).

 

On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas...

Un film de Thomas Lacoste en quatre parties, réalisé entre les deux tours, avec la participation de 16 chercheurs et militants qui nous livrent un regard acéré sur le monde que nous prépare Nicolas Sarkozy, celui de la droite "décomplexée" qu'il appelle de ses voeux. 
 
 
 
 
 
Pour soutenir cette action, qui en appelle de nouvelles, vous pouvez acheter le DVD du film Réfutations sur le site www.lautrecampagne.org ou par chèque (10 euros) à l’ordre de l’Autre association, 3 rue des Petites Ecuries, 75010 Paris.